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Septembre remet les repas de midi au rythme des réunions, et l’apéro professionnel — corner épicerie fine, plateau de fromager, carte de cave à vins — a besoin de références qui se servent en quelques minutes sans sacrifier l’authenticité. C’est le terrain de jeu de la gamme El Tato, distribuée par Evootrade : une collection de bocaux espagnols pensés pour ouvrir, tartiner ou napper sans étape de préparation.
La marque, officiellement « Calle El Tato », a été fondée par Christophe Ducasse, qui parcourt la péninsule ibérique à la recherche de spécialités à sélectionner et à mettre en bocal. El Tato n’est pas ancrée dans une seule région : selon les familles de produits, la sélection puise dans des savoir-faire différents — les conserves au vinaigre (câprons, ail doux, cornichons) viennent de Murcia, l’olivade noire est une spécialité d’Aragon, et les untapanes (artichaut, piquillos, shiitake) sont cultivés en Navarre et Rioja. Une diversité de terroirs réunie sous une même exigence : des bocaux prêts à l’usage, sans transformation supplémentaire en cuisine.
Deux familles structurent particulièrement cette gamme et méritent qu’on s’y arrête : les encurtidos (conserves au vinaigre) et les sauces/tartinades classiques de l’apéro espagnol.
On connaît la câpre — ce bouton floral du câprier (*Capparis spinosa*) cueilli avant qu’il n’éclose, salé puis confit dans le vinaigre. On connaît moins l’alcaparrón, ou câpron : le fruit que produit la même plante quand on laisse, à l’inverse, le bouton s’épanouir. La fleur blanche aux pistils violacés, une fois fécondée, donne ce fruit à tige — plus charnu que la câpre, avec ses graines discrètes à l’intérieur.
La récolte ne peut se faire qu’à la main, tant le fruit est fragile. El Tato retient le calibre le plus petit — plus tendre, avec des graines moins présentes que sur les câprons d’origine italienne, généralement plus gros et pourtant plus chers. Les fruits macèrent ensuite dans une préparation à base de vinaigre de vin et de sel, sans autre artifice.
Le câpron s’inscrit dans une gamme plus large d’encurtidos El Tato originaires de Murcia : cornichons fins, câpres classiques (capucines ou à tige fine), et ail doux étuvé — cette variante douce de l’ail, croquante et sans les caractéristiques poivrées de l’ail frais, que l’on retrouve nature, en marinade au paprika ou aux herbes de Provence. Autant de bocaux à garder ouverts au frigo : un trait d’acidité qui réveille une planche de fromages, une salade de légumes racines, ou une assiette de charcuterie — sans étape de préparation pour le professionnel qui les propose en corner apéritif ou en accompagnement de carte.
La salsa brava reste l’identité même de la tapa madrilène : nappée sur des pommes de terre rôties, elle reconstitue en deux minutes de chauffe le classique des patatas bravas, sans qu’il soit nécessaire de monter une sauce tomate-piment maison. Un raccourci utile pour un restaurateur bistronomique qui veut proposer la référence sans en faire une sauce signature.
L’olivade noire est une spécialité aragonaise : contrairement à l’arbequine, récoltée verte, peu charnue et légèrement amère, l’empeltré est laissée à mûrir sur l’arbre jusqu’à devenir beurrée et fondante — c’est elle qui donne à l’olivade noire El Tato sa texture onctueuse une fois mixée avec un filet d’huile d’olive vierge extra. Le confit de piquillos grillés suit la même logique de condiment prêt à l’emploi. Deux tartinades pensées pour être utilisées telles quelles — sur un pain grillé, dans une vinaigrette, en accompagnement d’un plateau de charcuterie ibérique — plutôt que comme un produit à mettre en scène pour lui-même.
L’untable d’artichaut appartient quant à lui à une famille de trois « untapanes » El Tato (artichaut, piquillos, champignons shiitake), cultivés en Navarre et Rioja et préparés avec un minimum d’ingrédients, sans additifs, en cuisson douce — à déguster sur une tartine grillée ou à incorporer dans une tarte, un cake ou une sauce.
La gamme compte enfin un paté de morcilla aux pignons, un paté ibérique au Pedro Ximénez et un untable de tomates séchées, dont je n’ai trouvé aucune fiche produit El Tato en ligne : ces trois spécialités existent dans la charcuterie et l’épicerie espagnoles en général (boudin noir revenu aux pignons et lié au fromage frais ; paté de foie de porc ibérique adouci au vin de Pedro Ximénez et aux raisins secs ; tartinade de tomates confites à l’huile), mais leur composition exacte chez El Tato reste à confirmer avant toute affirmation dans un prochain article.